Lu dans La Tribune du 28 juin un article sur le sujet : « Alstom renforce ses liens avec ses
fournisseurs ». Le constructeur français à réuni 160 fournisseurs triés sur le volet en convention pour leur annoncer sa volonté de signer des partenariats de long terme. Cet acte
que je prends pour exemple n’est pas isolé.
Les stratégies d’achat semblent prendre un nouveau virage. Il y a eu une première vague dans les années 90 qui a consisté à amplifier le
poids des délocalisations dans le sourcing. Une deuxième vague a vue le jour en 2000 avec la bulle internet : les appels d’offre en ligne qui ont généré des mouvements forts de marchés d’un
fournisseur à l’autre, et ont provoqué une rupture dans la notion de partenariat construit. La troisième vague est entamée depuis 18 à 24 mois : Fidéliser son parc fournisseur avec une
vision long terme. Quels sont les avantages de ce choix ?
1- Amélioration des flux par une meilleure connaissance de vos attentes et modes opératoires
2- Amélioration de la qualité par une meilleure connaissance de vos produits et marques,
3- Amélioration du service par un contrat de partenariat qui engage chacun a donné de la visibilité sur ses prévisions de commandes, ses appros de matières,
ses délais de fabrication, son planning de fabrication…
4- Amélioration des marges par un accroissement des volumes confiés aux fournisseurs sélectionnés.
Vous pourriez vous demander pourquoi cela n’a-t-il pas été mis en place plus tôt ? Je pense que, comme toute activité, la fonction achat connaît des
cycles récurrents selon les stratégies des entreprises, elles mêmes liées à l’environnement concurrentiel : Différenciation par la qualité, besoin de marge immédiat, puis conserver la marge
et retrouver la qualité pour revenir au début de la boucle.
Le premier cycle correspond à celui d’une société en croissance, en phase de lancement. A l’échelle d’un pays, cela correspond
également au période de croissance et de récession. Quand tout un pays est en croissance, il y a de la place sur le marché pour tout le monde, et la préoccupation n’est pas tant la marge
(puisqu’elle se fait par le haut du compte) que de livrer les produits en quantité suffisante. A l’échelle d’une entreprise, cela correspond à sa phase de lancement, lorsque toutes ses forces
sont orientées vers la vente.
Le second cycle arrive lorsqu’un marché est à maturité. La croissance se stabilisant, et afin de garantir la rentabilité, il faut se
tourner vers le compte d’exploitation de l’entreprise pour y chercher les sources de marge potentielle. Les achats sont l’un des gros poste de gain de marge, vous le comprendrez.
Le troisième cycle se produit lorsque l’activité repart : On tire les leçons du passé, donc on continue de regarder le compte
d’exploitation et la marge aux entrées, mais la croissance du chiffre d’affaire permet de se détendre un peu sur le sujet.
Chaque secteur d’activité connaît ces cycles, avec un rythme différents selon la typologie du dit secteur. Et vous, comment gérez vous vos
fournisseurs ? Est-ce en phase avec cette notion de cycle ?